Quand nous disons que nous allons jouer à Avignon, l’explication commence souvent par : « Nous jouons dans le Off, et tout est à notre charge. » Tout ? Eh oui. Nous ne sommes pas sous contrat comme dans le IN : la compagnie doit faire face à tous les frais.
C’est du masochisme, demandent certains ? Non. C’est l’espoir de remplir la salle et de se faire repérer par des programmateurs.
Mais concrètement, quelles sont ces charges ?
Tout d’abord, le théâtre. Nous achetons un « créneau horaire ». Pour Léon le libraire, nous prenons celui de 12h30 à 14h15. Dans ce laps de temps, nous devons installer la scène, jouer, puis ranger et nettoyer pour laisser un espace vierge à la compagnie suivante. Cela signifie que, si votre décor est important, il va falloir optimiser au maximum l’installation et la désinstallation : les créneaux, eux, ne s’adaptent pas aux spectacles !
Pour Léon, notre décor est léger. Lorsque nous jouions Mein Führer au théâtre Le Balcon, c’était une autre histoire : plus gros, beaucoup plus gros. Mais l’équipe était aussi plus conséquente, donc chacun savait exactement ce qu’il devait faire après les applaudissements, et où tout ranger en coulisses. Chaque compagnie a son espace.
Que comprend le contrat signé ?
Dans le contrat de mise à disposition de la salle, sur le créneau défini, certains services peuvent être inclus — ou non — selon le coût : un régisseur, la billetterie, la communication…
Au Figuier Pourpre, maison de la poésie d’Avignon, nous avons tout cela : une régisseuse pour installer notre plan de feu (= les lumières du spectacle). Nous assurons notre conduite lumière et son (= chaque compagnie envoie les lumières et sons pendant chaque représentation), mais en cas de problème technique, nous pouvons faire appel à elle. Un service billetterie également : pas besoin d’imprimer des billets ni de gérer la vente sur place (même si nous mettons nous-mêmes le spectacle en ligne, sur des plateformes comme BilletReduc). Le lieu édite aussi un programme pour le festival et prend en charge une partie de la communication. Cela n’empêche pas le tractage dans la rue— indispensable face à l’offre — mais être accueilli dans un lieu ouvert à l’année, c’est déjà une partie du chemin parcouru.
Et cela coûte combien, nous direz-vous ?
Cela dépend de chaque théâtre, des services proposés et de sa notoriété… mais cela peut monter très vite : 2 000, 4 000, 6 000, 10000 €…
Alors, où trouve-t-on le financement ?
Cela peut venir des subventions — de plus en plus rares —, des ressources propres — il faut avoir les reins solides et, malheureusement, certaines compagnies y laissent des plumes —, ou encore de la billetterie : chacun espère remplir la salle pour récupérer une partie, voire la totalité, de sa mise. À cela s’ajoutent les dépenses liées à un mois sur place : le logement, la nourriture, les transports…
Un véritable investissement
Un Avignon est un véritable investissement, qui ne se prend pas à la légère. Cette année, certains théâtres avaient encore des créneaux libres en mars. Est-ce le signe des difficultés que traverse le monde culturel avec la baisse des aides au secteur ? On verra combien de compagnies seront présentes à Avignon cette année…
Si vous avez des questions sur le festival d’Avignon, vous pouvez les poster en commentaire ici bas.



![[Avant Avignon #5] – Comprendre le IN, le OFF…](https://lafabriquedulivre.fr/wp-content/uploads/2026/04/In-et-Off.png)
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